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Historique



La création du Réseau en 1985, à l'initiative de plusieurs donateurs membres du Club du Sahel, est le fruit d'une conjonction de plusieurs facteurs.

Elle est tout d'abord une conséquence directe de la grave crise agricole et alimentaire de 1984/85 qui faisait suite à une sécheresse marquée. Les donateurs au sein du Club du Sahel ont mesuré l'ampleur de leurs difficultés à répondre à cette crise par manque d'information et de coordination. Les données sur les productions agricoles, et plus généralement sur les bilans céréaliers, étaient de très mauvaise qualité : peu fiables, partielles et produites beaucoup trop tardivement pour être utiles à la prévision des besoins d'aide alimentaire. De plus, le manque de coordination entre donateurs a manifestement empêché, comme dans les années précédentes, de répondre de façon efficace à la crise.

Ces déficiences étaient identifiées depuis plusieurs années. Ainsi le besoin de collecter de meil-leures données sur la situation agricole et alimentaire s'inscrit dans une lente évolution depuis le colloque de Nouakchott, organisé en juillet 1979 par le CILSS/Club du Sahel, dont une recommandation portait sur "la création et le renforcement de structures pour la collecte et l'exploitation des informations disponibles ou nouvelles nécessaires à l'élaboration d'une politique céréalière".

 

Mais, poussés par la pression des opinions publiques choquées par la succession de crises de-puis le début des années 1970 au Sahel, les donateurs se devaient d'agir : en premier lieu de se donner les moyens d'être mieux informés, et suffisamment tôt, de la situation agricole et des risques de déficits alimentaires pouvant entraîner une crise, voire une famine.

 

Les critiques formulées à l'égard de l'aide alimentaire par différents milieux ont également joué un rôle dans la création du Réseau. Outil de réponse aux crises souvent nécessaire, mais fréquemment incompatible avec les objectifs des politiques agricoles, l'aide alimentaire devait être discu-tée plus régulièrement entre les donateurs, notamment après chaque campagne agricole. Il fallait disposer de données chiffrées et d'analyses qui permettent de mieux la maîtriser et d'en diminuer les effets pervers.




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