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L'information sur les marchés |
La question des prix est déterminante pour appréhender les
conditions de la sécurité alimentaire. Si pour les consommateurs, le recours au
marché est la modalité principale d'approvisionnement, c'est également le cas
d'une large part des producteurs céréaliers qui sont « déficitaires
nets » et doivent par conséquent compléter leur production par des achats
extérieurs. De fait, le suivi des marchés est devenu un élément d'appréciation
de la situation alimentaire des différentes catégories de la population, ainsi
qu'un outil d'aide à la décision indispensable.
La plupart des pays dispose de systèmes d'information sur les marchés.
Ces systèmes couvrent en général les marchés céréaliers et plus rarement les
marchés du bétail, voire d'autres produits comme le niébé. Le suivi des marchés
s'effectue en suivant un panel de marchés représentatifs ou de référence :
marchés ruraux de production, marchés urbains, marchés ruraux de consommation.
Dans le cas des céréales, ces dispositifs basés dans les offices céréaliers collectent
des données hebdomadaires ou décadaires sur les prix à la production et à la
consommation, l'état des approvisionnements des marchés, les flux... Ils suivent
pour cela un échantillon d'une cinquantaine de marchés à l'échelle nationale en
fonction d'une typologie des circuits et des fonctions des places de marché.
La finalité des SIM s'inscrit dans une double perspective :
- Améliorer
le fonctionnement des marchés et renforcer son caractère concurrentiel en facilitant
l'accès à l'information de tous les agents. D'un côté les producteurs voyant
leurs débouchés s'accroître sont incités à augmenter leur production, ce qui
augmente leurs revenus, de l'autre, l'accroissement de l'offre et la réduction
des coûts de transaction se conjuguent pour faire baisser les prix et améliorer
la régularité de l'approvisionnement du consommateur. C'est donc en diffusant
une information rapide aux acteurs du marché, par le canal de la radio, que les
SIM contribuent au mieux, selon cette approche, à une amélioration de la
sécurité alimentaire (à long terme).
- Renforcer
l'efficacité des politiques de prévention et d'atténuation des crises alimentaires
en fournissant aux décideurs publics une analyse en temps réel de la situation
des marchés et de leur évolution probable. Selon cette approche, la fonction
première des SIM est au service de la gestion des politiques agricoles et de
sécurité alimentaire, notamment en analysant l'impact des interventions de
l'Etat sur le marché.
Les données fournies par les systèmes d'information sur
les marchés font progressivement leur entrée parmi les paramètres analysés pour
juger les situations alimentaires et l'évolution des risques. En règle
générale, l'analyse des prix, notamment en zone de production, permet de corroborer
le jugement de la campagne agricole et l'évolution des prix sur les marchés de
consommation permet de consolider les analyses de risques posées en terme
d'accessibilité.
Le suivi des marchés du bétail constitue aussi un
élément important du dispositif global d'information sur la sécurité
alimentaire, notamment pour permettre une analyse de l'évolution des prix
relatifs du bétail et des céréales.
Les connexions entre les SIM nationaux restent encore
insuffisantes pour permettre de véritables analyses spatiales dépassant le cadre
national. Cependant certains SIM ont commencé à développer un réseau de
partenariat avec des SIM dans les pays voisins. De même, certains pays comme le
Niger suivent certains marchés hors du pays, tels que des marchés frontaliers du
Nigeria qui ont une importance majeure dans les échanges et les conditions de
l'approvisionnement des marchés du Niger. Les SIM appréhendent assez bien les
prix, sur la base d'une enquête hebdomadaire. En revanche, les flux de produits
restent très méconnus et ceci entrave les analyses régionales en matière
d'approvisionnement des marchés, de connexions entre zones excédentaires et déficitaires.