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Stratégie de sécurité alimentaire


 

La Mauritanie met en oeuvre une stratégie nationale de sécurité alimentaire qui se décline selon 5 objectifs :

 

Objectif spécifique 1

La promotion d’une agriculture productive, diversifiée, durable et régionalement intégrée

Basé sur les orientations stratégiques de la SDSR, cet objectif vise à (i) favoriser la croissance du secteur par le développement de productions compétitives, (ii) assurer un accès équitable aux ressources du secteur, (iii) accroître le capital de biens publics nécessaire au développe-ment durable du secteur et (iv) développer les capacités de gestion du développement rural intégré et participatif. Les politiques sous sectorielles (élevage, agriculture irriguée, agriculture oasienne, agriculture pluviale, forêt et pêche) et les politiques à caractère transversal sont les deux types d’instruments de mise en oeuvre de la SDSR.

 

Objectif spécifique 2

Le développement, la fluidification et l’intégration sous-régionale des marchés nationaux

La stratégie cherche à assurer la compétitivité de l’offre nationale et la cohérence entre les niveaux de protection et d’incitation à la production. Elle est axée sur la poursuite de la politique de rationalisation de la fiscalité douanière, de la fiscalité indirecte et directe applicable au secteur agricole (notamment la taxation des intrants et du gasoil), ainsi que sur la levée des entraves à l’investissement et à l’exportation. L’amélioration de la compétitivité et de l’intégration dans le marché régional passe également par le développement des infrastructures de transport (routier, aérien et fluvial) et de stockage, la professionnalisation des opérateurs économiques (formation et information) et la baisse des coûts des services par le renforcement de la concurrence dans les secteurs du transport et du crédit.

 

Objectif spécifique 3

L’amélioration durable des conditions structurelles d’accès des groupes et zones vulnérables à l’alimentation et aux services sociaux de base

L’accès à l’alimentation sera poursuivi par la disponibilité permanente des produits et le renforcement du pouvoir d’achat des groupes les plus vulnérables. L’approvisionnement est du ressort du secteur privé et pourra, en cas de défaillance, être suppléé par des interventions du commissariat à la Sécurité Alimentaire. L’accessibilité sera améliorée à travers les programmes d’insertion économique développés dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, les ventes alimentaires à prix social et la construction de routes afin d’abaisser les coûts du transport. Objectifs prioritaires du CSLP, l’accès aux services sociaux de base sera renforcé par le développement d’infrastructures de proximité et la qualité des prestations dans des zones défavorisées et en faveur des populations pauvres. Il concerne l’éducation et la santé, mais aussi l’eau potable, l’assainissement, l’habitat et l’électrification rurale.

 

Objectif spécifique 4

L’amélioration des dispositifs de prévention et de gestion des crises conjoncturelles, en cohérence avec la construction de la sécurité alimentaire structurelle

La stratégie consiste à consolider le dispositif d’information et d’alerte dans ses diverses composantes (l’observatoire de la sécurité alimentaire pour le suivi de la situation alimentaire et des marchés; le service des statistiques agricoles et l’office national des statistiques) et à améliorer sa coordination pour accroître l’efficacité et éviter les chevauchements. L’atténuation des crises alimentaires sera améliorée (i) au niveau national, par la disponibilité d’un stock de sécurité physique et financier, le renforcement du dispositif d’action humanitaire (plans de secours d’urgence) et la création de mécanismes permettant de combler le déficit chronique de la production, et (ii) au niveau décentralisé, par la mise en place de dispositifs communautaires et villageois sous forme de banques villageoises et de banques de céréales dans les zones de production.

 

Objectif spécifique 5

Le renforcement des capacités des acteurs etla promotion de la bonne gouvernance de la sécurité alimentaire

Un premier volet de cet objectif sera poursuivi par la capitalisation des expériences, le renforcement des capacités humaines et une réflexion sur les dispositifs institutionnels et la gouvernance de la sécurité alimentaire. L’accent sera porté sur l’amélioration des processus de coopération entre tous les acteurs, décideurs publics, responsables d’organisations socioprofes-sionnelles et représentants de la société civile qui nécessite des adaptations institutionnelles, mais aussi des actions d’animation et de formation. Un second volet sera mis en oeuvre par l’amélioration de l’environnement socio-économique auquel concourent les politiques transversales concernant le foncier, le financement des investissements privés, la recherche-formation-vulgarisation, le genre, l’environnement et, les dépenses publiques ainsi que l’aide.

 

Ce texte est extrait du dossier "Sahel 21 : le refus de la misère, le choix d'une sécurité alimentaire durable", CILSS, 2002




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